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17/06/2014

Marie a un peu de temps libre. Analyse du marasme écolo.

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Où file ECOLO ?

Les élections du 25 mai dernier sont catastrophiques pour notre Communautés des belges francophones. Les 4 partis traditionnels en sortent laminés. Ceux qui ont pris une éolienne et quelques dizaines de panneaux solaires sur la tête en sont si peu conscients mais que dire des 3 autres partis qui pensent, encore, les avoir gagnées ces élections.

Le PS est tellement convaincu de son excellent résultat qu’il s’est précipité pour cadenasser les majorités régionales. Imaginez une seule seconde que le parti du Premier ministre se retrouve dans l’opposition à tous les étages. Non, le PS a préféré sacrifier le Fédéral, donc l’Etat Belgique, à ses petites affaires régionales. Prenons Bruxelles, le PS peut-il renoncer à tirer (les) profits de ses projets foireux, -  mais bien réels pour tous les socialistes qui y ont déjà trouvés refuge, - que sont Néo, le stade, le musée d’art moderne, le canal ou les multiples événements « festifs » organisé par la nébuleuses qui gravite autour du parti… Le PS a, donc, choisi, d’abandonner le Fédéral, ou le partage entre familles politiques est plus prégnant, et tant pis pour l’unitarisme de façade et le royalisme bonbon de « vingtetunjuillet », sauver le gagne-pain des mandataires est sa seule priorité. Et principalement celui de ses leaders. Vous imaginez Obama quitter la présidence de l’Union pour briguer le poste de gouverneur de l’Oklahoma ? Ou la chancelière Merkel se replier sur la présidence du land de Mecklembourg ? Non ! C’est une évidence ! Sauf pour Elio Di Rupo et Laurette Onkelinx…

Ce choix qui met le MR en délire au point qu’il serait prêt à s’embarquer dans une aventure fédérale avec la N-VA, CD&V et sans doute le VLD ! On a fait grand cas du gouvernement sortant et de ses néerlandophones minoritaires à la Chambre. Le MR ne serait même pas minoritaire, il serait toléré dans un rapport de force de 20 (MR) contre 65 (N-VA, CD&V et VLD) Et ce n’est pas l’appoint du CDH (9 élus) qui sauverait les bidons francophones. En résumer, le PS abandonne l’Etat fédéral, et le MR le brade juste pour occuper quelques strapontins de ministres, histoire de ne pas rester 5 ans sans mandats rémunérateurs.

Ne parlons pas du CDH qui perd les élections depuis 70 ans et finit toujours au pouvoir en se compromettant une fois à gauche, l’autre fois à droite agrippé comme une moule au CD&V… Reste les deux vainqueurs du 25 mai, le FDF et le PTB. Bien qu’opposé à la plupart des projets socialistes, le FDF s’engage avec le PS à Bruxelles et s’affirme légaliste. Sans doute pour rassurer les partis flamands bruxellois, mais plus certainement pour rassurer les socialistes et leurs petites affaires, donc le FDF contribuera à toutes les inepties, qu’il combattait hier encore, programmées pour la Région capitale par les socialistes. Quant au PTB, les premiers faits d’armes de ses élus démontrent, à ceux qui ne l’avaient pas bien compris, que le stalinisme s’accommode mal de la démocratie et que ce ne sont pas des idéalistes qui représentent le PTB dans les Parlements mais des apparatchiks roués aux calculs politiciens.

Et chez ECOLO ?

Lessivés comme jamais auparavant, cette fois, les Verts risquent de ne jamais s’en remettre ! Pourquoi ?

Chaque participation gouvernementale d’ECOLO se conclut par une raclée électorale. Ce fut déjà le cas en 2003, quant une sanction forte des électeurs renvoya les Verts dans les cordes. Cornaqués à l’époque par le triumvirat Huytebroeck-Defeyt-Hordies – qui paiera la défaite de ses 3 têtes – le parti sortait de 4 ans, moins quelques jours, de présence gouvernementale. Et quelle présence, déjà effrayés par le pouvoir, les militants écologistes avaient choisi d’évincer leur leader, Jacky Morael, pour donner le poste de ministre à … Isabelle Durant et un secrétariat d’état à Olivier Deleuze. Un consensus mou qui donnera 4 années de gestion molle. Aucun des projets mis en chantier durant ces 4 années, moins quelques jours, n’a survécu à la démission des deux ministres verdâtres une semaine avant les élections de 2003. Ce qui étaient présentés par les démissionnaires comme un haut fait, un acte de rébellion même, contre leurs partenaires du Gouvernement (MR et PS) a fait pschittt et n’a pas contribué a restaurer l’image désastreuse donnée par leur gestion. Notons que parmi les deux ministres démissionnaires et les 3 secrétaires fédéraux qui démissionneront dans la foulée, tous, sauf Marc Hordies qui était déjà l’inconnu de service, poursuivront une carrière politique ascendante. Oui ascendante. Huytebroeck deviendra ministre (2 mandats), Durant, députée et même vice-présidente du Parlement européen (2 mandats), Defeyt, président du CPAS de Namur (2 mandats) et Deleuze, député puis bourgmestre de Watermael et co-président du parti.

Visiblement, les échecs même cuisant, n’entravent pas la marche glorieuse des élites écolos ! Plus fort même, les ‘meneurs’ battus, surtout battus, sont les meilleurs leaders pour un parti dont les membres ont surtout une peur : celle du pouvoir. Le pouvoir frontal, celui qui s’affirme en assemblée, le pouvoir dont un chef use ouvertement. Chez ECOLO, la préférence va aux déculottés, c’est sans doute tout ce qu’il reste des velléités révolutionnaires manifestées en 1981 lors de la création du parti.

Contrairement aux caciques bonobos écolos qui n’ont rien vu venir à l’approche du 25 mai dernier, j’ai été effaré par les murmures qui venaient du peuple francophone. Depuis le printemps, ceux qui m’affirmaient qu’ils ne voteraient plus ECOLO étaient les plus nombreux. Sans doute étais-je un bon catalyseur, fondateur d’Ecolo en BW, mandataire interne pendant 15 ans et échevin à la Ville de Bruxelles de 2001 à 2006, j’avais, tout en restant 100% écologiste, rompu avec un parti qui selon moi dérivait à droite…

Votre gamin crashe sa mobylette, offrez-lui une moto !

Après la défaite de 2003, ECOLO a certainement fait une analyse, mais sans doute pas la bonne. Comme il se prépare, une fois encore, à biaiser celle de l’échec du 25 mai 2014.

Pourtant pour comprendre l’échec du 25 mai, il faut remonter à mai 2003. ECOLO s’écrase mais c’est « la faute des autres partis qui n’ont pas été très sympas avec les ministres vertueux ». Ce résumé rapide de l’analyse explique que nos grands battus et démissionnaires sont tous revenus aux affaires quelques mois plus tard et ont été présentés comme des incontournables. Et c’est vrai à tous les niveaux de l’appareil du parti. ECOLO se donne un nouveau duo de secrétaires fédéraux avec J.M. Javaux et… Isabelle Durant ! Personne chez ECOLO ne s’interroge sur les actions menées par la ministre sortante pourtant éreintée régulièrement par ses pairs du conseil des ministres et par la presse. Non, il faut recaser Isabelle, elle sera co-présidente avant d’être désignée comme tête de liste aux élections européennes. Dans le même temps, l’ex-co-présidente démissionnaire, Huytebroeck, est désignée comme tête de liste régionale à Bruxelles et deviendra… Ministre régionale. Votre gamin crashe sa mobylette, offrez-lui une moto !

L'entre-soi

C’est le début de l’entre-soi, chez ECOLO on se coopte les uns les autres. Je vote ta dérogation, et tu votes la mienne. Le mouvement perpétuel est installé. Dans chaque région, des baronnets locaux s’installent à perpète : Cheron, Nolet ou Nagy sont d’autres exemples mortels pour le parti. Un parti qui avait créé le changement en limitant le nombre de mandats consécutifs à 2. Huit ans plus tard, ces premiers élus inventaient la dérogation « pour faire bénéficier le parti de leur(s) compétence(s) ». La premières de ces compétences étant comment m’incruster en tête de liste au fil des dérogations successives ?

Quand ECOLO a présenté ses têtes de listes pour les 3 élections du 25 mai, les électeurs ont tout de suite compris que les-mêmes se représentaient, parfois pour le 5ème ou 6ème fois, que les futures élus ECOLO seraient quasi tous les élus sortants ! Quel signal aux électeurs ! Et le 25 mai au soir, sur les 19 élus survivants, 18 d’entre eux sont des multirécidivistes dont Cheron, Durant, Huytebroeck, Doulkeridis, Genot, Nolet, Henry… La seule petite nouvelle, élue en BW, s’est empressée de demander une dérogation pour cumuler son nouveau mandat de députée wallonne et un mandat de conseillère communale. Jolie image d’un parti qui se prononce contre le cumul ! Mais qui ne s’est jamais prononcé pour la démocratie participative qui propose elle de distribuer les mandats publics à un maximum de personnes possible. Un élu = un mandat.

L’électeur n’étant évidemment pas censé le voir… Ni même le penser !

Sans revenir longuement sur la gestion des 4 ministres sortant dont les bilans respectifs approchent du zéro. Pas parce que leurs idées étaient mauvaises, mais parce qu’elles n’ont jamais été valorisées intelligemment. Les cafouillages de Nolet, les bafouillages de Henry ont déstabilisés plus sûrement les électeurs que les gazouillis d’Emily Hoyos. Ce qui n’excuse en aucun cas le duo présidentiel. Olivier Deleuze n’est plus crédible depuis des années, ses allers retours entre des mandats publics (quand ECOLO gagne les élections) et ses démissions pour rejoindre des emplois même dans des ONG quand ses couleurs s’effritent avait déjà entamé sa crédibilité, que son accession au maïorat de Watermael-Boitsfort a définitivement fissurée. C’est un peu comme si ECOLO avait négocié sa participation à la 6ème réforme de l’Etat contre un bourgmestre à Bruxelles et une présidence d’intercommunale liégeoise… L’électeur n’étant évidemment pas censé le voir… Ni même le penser !

La sortie d’Isabelle Durant, « c’est la tête de liste (à l’Europe) si non rien » a rajouté une couche à la déception de certains électeurs potentiels. Surtout que quand elle est battue, elle répand son amertume dans les médias et finit par rentrer par la fenêtre sur la liste régionale bruxelloise… Tout en ayant pris soin de placer sa fille à la troisième suppléance de la même liste, tandis que le gamin de Dédé Drouart, un autre roi du saute mandat, occupait la seconde place. Le syndrome « fils ou fille de » tant décrié chez les autres partis, vient de débarquer chez ECOLO…

Faire campagne mais entre nous

Autre petit baromètre de campagne, les réseaux sociaux. Alors que les candidats s’évertuaient à mettre des jolies photos de leur distribution de tracts ou commentaient leur dernier ‘débat’, il suffisait d’aller regarder qui « like » leurs infos. Personne d’autres que des écologistes militants dans le quartier ou village voisin… Faire campagne ‘entre-soi’, cela n’apporte pas beaucoup de renouveau !

‘L’entre soi’ est vraiment le mode de fonctionnement d’ECOLO, les élus se cooptent, par dérogations, entre eux, et les militants font campagne entre eux… Dernière preuve du repli sur soi, ECOLO peut désigner un sénateur coopté. Il pourrait lancer un nouveau, non, le Conseil de Fédération désigne une sénatrice sortante non réélue.

Enfin, entre temps ECOLO a désigné une commission composée de trois vieux de la vieille pour analyser la déconfiture… La moitié du parti n’y croit déjà plus ou pas et demande une autre procédure plus ouverte aux militants…

Déjà une ministre sortante, Huytebroeck, demande la démission des co-présidents faisant, ainsi porter tout le poids de la noyade sur les capitaines et exonérant les 4 ministres sortant d’une analyse de leur mandat.

Donc voilà ECOLO repartit pour 5 longues années d’opposition, coincé entre un MR furieux et revanchard et un PTB nettement moins lisse et plus accrocheur… Bonne chance aux papys et mamys écologistes pour exister. Surtout les ministres sortant…  Mais ce qui à terme doit les rassurer, c’est qu’ils seront les mieux placés, grâce à leur incontestable expérience, pour se coopter aux places utiles aux prochaines élections de 2019 !

Prochain objectif :

OU diviser, une fois encore, le nombre d’élus par deux. Et ainsi de suite jusque quand tous les vieux mandataires seront tous renvoyés, avec la prime de non réélection, à la pension.

OU Tous les élus du 25 mai démissionnent et cèdent leur mandat à leur suppléant respectif. Ceux-ci ont 5 années d’opposition pour apprendre le métier de parlementaire et redonner vie et espoir à l’écologie….

 

 

23:43 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : élections 2014, écolo |  Facebook | |  Imprimer | | | | Pin it! | |  del.icio.us

Commentaires

"Sur les 19 élus survivants, 18 d’entre eux sont des multirécidivistes"
Dans ces 18, vous mettez Pinxteren, Trachte, Maron, Daele, etc... ? Allez, un peu de serieux.

Écrit par : Tamara | 20/06/2014

L'auteur de ce blog pourrait-il me contacter par mail ou par gsm?

Merci.

Gauthier De Bock
Journaliste.
0473/693573

Écrit par : Gauthier De Bock | 18/08/2014

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